Chine – Etats-Unis : danger PDF

Les Etats-Unis, 1er producteur mondial de pétrole en 2017 ? Le chine – Etats-Unis : danger PDF de développement des huiles de schiste apparaît incertain.


Grâce au boom des huiles de schiste, l’industrie américaine d’extraction du brut serait en passe de redevenir la première du monde. La résurgence de la production des Etats-Unis, amorcée en 2007, permettrait à Uncle Sam de réinvestir son trône de roi du pétrole, perdu au profit de l’Arabie Saoudite après l’amorce du déclin de la production américaine en 1971. A condition que cette résurgence perdure. Une évolution susceptible de redistribuer les cartes  de la géopolitique mondiale comme jamais depuis la chute du mur de Berlin. L’annonce de l’Agence internationale de l’énergie fait bien sûr beaucoup de bruit. En France, Dominique Seux, éditorialiste aux Echos, profite de l’occasion et de son audience auprès des 1,6 millions d’auditeurs de la tranche matinale de France Inter pour demander au président Hollande qu’il se  libère des Verts , et autorise l’exploitation des gaz et huiles de schiste dans l’Hexagone.

Dominique Seux souligne que les Etats-Unis  se rapprochent de l’indépendance énergétique . La première économie du monde a tout de même encore un peu de chemin à parcourir. La reprise actuelle de la production américaine de pétrole n’en demeure pas moins  spectaculaire , selon l’expression employée dans le rapport de l’AIE. Jusqu’où la reprise de la production américaine d’or noir pourra-t-elle se prolonger ? Les NGL, essentiellement du propane, ne peuvent pas, dans la plupart des cas, se substituer au pétrole.

En particulier, un tiers seulement des NGL peuvent servir de carburant à un moteur. Le cœur du problème maintenant : combien de temps le boom de la production des huiles de schiste aux Etats-Unis pourra-t-il se poursuivre ? La production d’huile de schiste se développe aujourd’hui essentiellement dans l’Etat du Dakota du Nord, sur la formation géologique dite de Bakken. La ruée vers le Dakota du Nord, un Etat froid et isolé à la frontière canadienne, a attiré de nombreux journalistes. Bizarrement, bien peu de confrères se sont penchés sur le cas de  l’Etat américain voisin du Dakota du Nord, sur lequel s’étend également la formation de Bakken, et où l’exploitation des huiles de schiste est plus ancienne : le Montana. La production d’huile de schiste de l’Etat du Montana décline depuis 2006, après avoir franchi un pic légèrement supérieur à 100 000 barils par jour. Le déclin des huiles de schiste du Montana a été rapide.

Pourtant depuis 2006, le nombre de puits n’a pas cessé d’y croître, souligne Bob Brackett, un analyste du cabinet Bernstein Research auteur d’une étude sur le potentiel de développement de la formation de Bakken. Les meilleurs emplacements sont forés en premier, les moins rentables plus tard. L’industrie a foré les fruits à portée de main, et n’a désormais plus accès à des opportunités de même qualité. La fracturation de la roche ne permet de libérer les hydrocarbures que dans un périmètre restreint. Il faut environ six ans, comme on le voit dans le graphe ci-dessus, pour qu’un puits de la formation de Bakken se retrouve quasiment épuisé, devenant ce que dans l’argot de l’industrie on appelle un  stripper , c’est-à-dire un puits très peu productif. Pour l’instant, la formation de Bakken ne compte que 200 strippers parmi ses puits récents. Dans six ans, selon Brackett, il devrait y en avoir 4000, constituant la majorité des puits forés depuis le début du boom en 2006.

Les ressources accessibles dans le Dakota du Nord apparaissent nettement plus importantes que celles qui paraissent s’épuiser dans le Montana voisin. Toutes les bonnes choses ont une fin. Dans le cas du Dakota du Nord, cette fin n’aura pas lieu avant des années, mais il y aura là-bas le même destin  que dans le Montana. La production devrait encore progresser dans le Dakota du Nord. Mais les coûts de production aussi, pour des résultats nécessairement de plus en plus médiocres à terme.

L’industrie américaine d’extraction des huiles de schiste a entrepris de courir toujours plus vite sur un tapis roulant lui-même de plus en plus vite, à contresens. Je ne parle pas de l’impact sur le climat. Rien qui, en soi, puisse changer radicalement quoi que ce soit à la dépendance énergétique américaine. Les experts de l’Agence internationale de l’énergie eux-mêmes admettent qu’ils sont loin d’avoir une confiance absolue dans leur propre pronostic, qui n’en fait pas moins la  une  un peu partout dans la presse économique. Fatih Birol,  l’économiste en chef de l’AIE, prend la peine de souligner que la géologie et les performances des réservoirs compacts aux Etats-Unis sont encore  mal connues , et qu’il n’est pas certain que de nouvelles réserves soient accessibles en quantité suffisante pour maintenir la production dans le futur, rapporte le Financial Times.

L’Arabie Saoudite pourrait demeurer le premier producteur mondial en 2020, admet Fatih Birol dans un entretien téléphonique. Les huiles de schiste vont-elles jouer à Big Oil le même tour que le pétrole d’Alaska ? Lancée entre les deux chocs pétroliers des années 70, la production de l’Alaska devait permettre, selon ses promoteurs de l’époque, d’affranchir les Etats-Unis de l’emprise de l’Opep. Etats-Unis surpasser hypothétiquement celle de l’Arabie Saoudite en 2017, on constate que l’AIE s’attend à ce que la Russie, actuel deuxième producteur mondial, amorce un lent déclin à partir de 2015. L’ensemble du blog demeure accessible dans les mêmes conditions. J’ai donc pris la décision d’installer rapidement un outil qui permettra à ceux qui le souhaitent de me soutenir financièrement, afin que je puisse assurer une publication plus régulière et, je l’espère, plus fréquente.

Je vous remercie pour votre compréhension, et profite de l’occasion pour saluer une nouvelle fois la qualité et la diversité de vos commentaires. 187 commentaires à Les Etats-Unis, 1er producteur mondial de pétrole en 2017 ? Après ce qu’on a pu entendre et lire ces derniers jours dans les médias français, ça fait plaisir de lire un article plus raisonnable et plus sourcé que le reste. Merci encore pour cette synthèse qui était bien nécessaire, je ne manquerai pas d’apporter ma contribution financière, même modeste à ce blog. 1 que je ne retrouve pas. 2030 grace aux huiles de schiste alors qu’ils ont une consommation de 18.