Histoire Ecclésiastique du peuple Anglais : Tome 1 (Livre 1-2) ; Historia ecclesiastica gentis Anglorum PDF

Si histoire Ecclésiastique du peuple Anglais : Tome 1 (Livre 1-2) ; Historia ecclesiastica gentis Anglorum PDF bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Grégoire de Tours par Jean Marcellin, avant 1853.


Publiée par Bède en 731, l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais est une œuvre fondatrice à maints égards. Elle applique, chose rare à l’époque, les règles scientifiques : préciser les dates, vérifier et donner la source des documents, assurer une suite logique aux chapitres, utiliser un style simple mais non sans élégance. Grâce à Bède, nous bénéficions de lumières sur les premiers siècles, obscurs, de l’installation en Grande-Bretagne des royaumes anglo-saxons, souvent rivaux et agressifs. Bède s efforce de montrer que la christianisation amène l’unité. La présente édition (en trois volumes) offre pour la première fois aux francophones le texte du manuscrit de Saint-Pétersbourg, très proche de l’original de Bède. La traduction française se veut aussi proche du texte latin que possible. Les notes, tout en signalant sources et travaux, sont assez explicites et détaillées pour satisfaire les éventuelles interrogations ; elles font souvent référence à la traduction en vieil-anglais, du IXe siècle.

Pavillon Turgot au Pavillon Richelieu, palais du Louvre. Cette famille prestigieuse illustre évidemment l’intégration d’une ancienne aristocratie sénatoriale gauloise romanisée, dans le nouvel ordre social et politique barbare. Ainsi, sa famille étant noble selon les définitions de l’époque, Grégoire hérita naturellement de capacités à commander. Cela devait lui donner une légitimité certaine dans son futur épiscopat et face aux affaires politiques qu’il aurait à traiter. Avit à Clermont, Grégoire achève son éducation auprès de son oncle Nizier, à Lyon où il est envoyé en 563.

Peu après, il est ordonné diacre et réside à la basilique Saint-Julien, à Brioude. Succédant à son cousin maternel Euphrone dans cette dignité, Grégoire prend alors en charge l’un des plus importants sièges épiscopaux de Gaule. Durant son épiscopat, il est gêné par les querelles des souverains francs, qu’il n’hésite pas à fustiger. Il est vénéré dans cette ville et dans celle de Clermont. Quelles furent les motivations de Grégoire de Tours en tant qu’écrivain ? Aussi beaucoup d’hommes gémissaient disant :  Malheur à nos jours !

L’étude des lettres périt parmi nous, et on ne trouve personne qui puisse raconter dans ses écrits les faits d’à présent. Je n’ai pu taire ni les querelles des méchants ni la vie des gens de bien. Selon cette citation, c’est un devoir de mémoire qui l’aurait poussé à écrire. La suite de cette phrase qui se situe dans le prologue, révèle pourtant un autre aspect. Grégoire livre une confession de foi détaillée, à travers laquelle perce la vocation religieuse de l’œuvre.

Dès le commencement, le texte est tourné vers le christ. Ainsi, les rois sont-ils présentés selon leurs relations avec l’Église et la morale chrétienne. Enfin, quand on considère les origines familiales de l’auteur et l’influence de son héritage d’aristocrate gallo-romain, on peut considérer l’œuvre de Grégoire de Tours — de la même façon que son œuvre de restauration de la cathédrale Saint-Martin — comme une sorte d’évergétisme : le don d’un capital intellectuel pour sa postérité. Grégoire de Tours, Histoire des Francs, livres 1 à 6, page de frontispice. Le récit accorde une large place à la Gaule mérovingienne, que Grégoire connaît mieux que le reste du monde : cinq des dix livres et le Livre des miracles concernent l’époque de l’auteur. Ce dernier en donne une image plutôt sombre, mettant l’accent sur les conséquences désastreuses du comportement de certains rois, par opposition au comportement de leurs aïeux chrétiens, à commencer par Clovis. Elle fait en tout cas de Grégoire de Tours le père d’une  histoire nationale  des Francs, le principal historien des Mérovingiens et la source majeure dont nous disposons sur leurs règnes.