L’Empire du loft PDF

Premier volet d’un billet en deux parties sur la justice administrative, dont je parle trop peu, et les politiques, pas du tout, alors qu’elle le mérite amplement. Tout d’abord, voici un aperçu historique de cette dichotomie absolument fondamentale en droit français, et qui est assez unique au monde. Mais avant l’Empire du loft PDF revenir aux origines, définissons un peu : qu’est ce que cette séparation, que signifie-t-elle ?


« Des mots sur les images », série dirigée par Robert Grélier, explore les arcanes de l’image, fixe ou animée, qui peuple l’imaginaire d’aujourd’hui.

Depuis Loft story, la télé réalité n’a cessé d’éten­dre son empire. Pas un genre, pas une chaîne, pas un pays qui n’ait été touché par le phénomène. Malgré sa mort régulièrement annoncée, elle n’en finit pas d’inventer de nouveaux formats qui contaminent les autres, au point que la télévision dans son ensemble tend à prendre le visage de la télé réalité.

Dans cette nouvelle édition, François Jost, éminent analyste de la télévision, professeur à la Sorbonne Nouvelle, prolonge son propos par cette question : au-delà de l’évolution télévisuelle dont elle témoigne, de quoi la télé-réalité est-elle le symptôme ? En revenant sur sa récente histoire, il découvre qu’en valorisant constamment l’anonyme au détriment des élites, elle a accompagné les changements politiques de notre société.

Cette interdiction est absolue, et comme tout ce qui est absolu en France, connaît des exceptions. Il est incompétent, et doit refuser de juger. Sous l’ancien code pénal, s’immiscer dans les affaire de l’administration était pour un juge le crime de forfaiture. C’est là que l’Histoire nous éclaire. Cette séparation remonte à la Révolution française. Mais qu’est ce qui a provoqué la réunion des Etats Généraux ?

Une guerre que livraient les juges au roi. Cette formalité administrative, condition de l’applicabilité de la loi, a été dévoyée par les magistrats qui se permirent de commenter le texte, et, avant de l’enregistrer, d’adresser des remontrances au roi, lui demandant de modifier tel et tel point. Louis XVI le renvoya, et rétablit les anciens usages, croyant ainsi calmer la fronde des magistrats. Maupeou dit à cette occasion :  J’avais fait gagner au roi un procès qui dure depuis trois cents ans. Il veut le reperdre, il en est le maître. Etats Généraux se réunissent pour les approuver, comme c’était le cas lors de la Guerre de Cent Ans.

Face à ce blocage, le roi n’eût d’autre choix que de réunir les Etats Généraux. Je simplifie un peu, la réunion des Etats de 1789 eût d’autres causes, mais nous devons rester dans le sujet. Les révolutionnaires arrivés au pouvoir n’ont pas oublié que les juges avaient paralysé le pouvoir royal et contraint à la réunion des Etats. Loin de leur en savoir gré, ils ont compris que leurs belles lois seraient également lettres mortes si les parlements se permettaient de les discuter, de leur faire des remontrances, ou d’annuler leurs décisions. C’était pour eux hors de question.

Les fonctions judiciaires sont distinctes et demeureront toujours séparées des fonctions administratives. Les juges ne pourront, à peine de forfaiture, troubler de quelque manière que ce soit les opérations du corps administratif ni citer devant eux les administrateurs en raison de leurs fonctions. Cette loi est toujours en vigueur, vous pouvez la trouver sur Légifrance. Pour faire bonne mesure, les révolutionnaires vont reprendre en main la magistrature. Après une brève expérience d’élection des juges, sur l’exemple américain, les juges seront des agents publics, rémunérés par l’Etat. Pour le pouvoir judiciaire, l’histoire s’arrête là.