La Musique à Venise et l’imaginaire français des Lumières PDF

François Morellet a, pendant plus de soixante ans, développé une œuvre majeure au sein de l’abstraction géométrique. L’exposition RÉINSTALLATIONS met l’accent sur un aspect particulier du travail de François Morellet : en collaboration avec la Musique à Venise et l’imaginaire français des Lumières PDF commissaires de l’exposition, Alfred Pacquement et Serge Lemoine, l’artiste a choisi de montrer vingt-six installations qui retracent les grands axes de ses recherches, de 1963 à aujourd’hui.


a Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs centaines de partitions vénitiennes, imprimées ou manuscrites, d’une très grande valeur musicale et culturelle, dont la simple présence dans notre pays constitue une énigme. Comment ces oeuvres sont-elles arrivées en France, alors que depuis 1672 et jusqu’à la fin de l’Ancien régime, aucun opera seria ultramontain n’est créé sur une scène frnaçaise ? C’est grâce à son excellente connaissance des rouages de la vie théâtrale et religieuse de Venise que Sylvie Mamy répond à cette question. (…) Laissant la partition raconter son histoire, l’auteur jette un éclairage tout à fait inattendu sur la diffusion et la réception de l’opéra italien en France et sur les relations entre Paris et Venise au siècle des Lumières, tout en enrichissant un pan entier de l’histoire musicale européenne. 16,6 x 24 cm.

La programmation du Centre Pompidou a voulu que cette exposition soit présentée après celle consacrée à Mondrian et De Stijl. L’occasion était trop belle pour ne pas mettre en perspective les œuvres de l’artiste avec le vocabulaire formel des avant-gardes modernes dont il est parti. Signalons qu’en complément à l’exposition, des peintures des années 50 sont regroupées dans la salle 39 du Musée, près de l’espace consacré au mouvement cinétique auquel Morellet a participé. L’art peut être à présent envisagé comme un moyen de connaissance, connaissance des phénomènes perceptifs, connaissance de la manière dont les données perceptives peuvent se faire le véhicule d’une intention, connaissance de la raison d’être et des modes de fonctionnement de l’art lui-même. Au-delà de la démarche intuitive que revendique encore Mondrian, un pas reste à franchir vers l’objectivité.

Pour Morellet, comme pour Mondrian et les autres membres du groupe De Stijl réunis par Theo Van Doesburg, l’adoption des formes géométriques représente un moyen de dépasser la question du style et son identification à la personne de l’artiste. En 1949 déjà, il s’est enthousiasmé pour les motifs géométriques que déploient les tapas polynésiens, tissus d’écorce battue découverts au Musée de l’Homme à Paris. Artiste autodidacte, les arts primitifs retiennent toute son attention car ils offrent le contre modèle de l’art sanctifié. Ancien élève du Bauhaus de Dessau, ayant rejoint le mouvement Abstraction-Création en 1932 par l’intermédiaire de Piet Mondrian et Georges Vantongerloo, Max Bill est alors le représentant du groupe Art concret, inscrit dans la filiation du mouvement dont Theo Van Doesburg rédigea le manifeste en 1930. En 1949, Max Bill a, par ailleurs, publié La Pensée mathématique dans l’art de notre temps, ouvrage dans lequel il exprime sa volonté de rationaliser les processus de création, destituant le rôle attribué à l’imagination au profit de la  conception mathématique  de l’œuvre.

Autant d’idées auxquelles Morellet ne tarde pas à adhérer. Lors de ce même voyage, Morellet rencontre Almir da Silva Mavignier, grâce auquel il rencontrera Max Bill quelques années plus tard. François Morellet, 6 répartitions aléatoires de 4 carrés noirs et blancs d’après les chiffres pairs et impairs du nombre Pi, 1958 Ensemble de 6 éléments. En 1953, Morellet réalise 16 Carrés, tableau dont le titre contient le programme, tableau le plus épuré qu’il n’ait alors jamais réalisé.

Il décide de ne plus travailler que sur des toiles de format carré, de manière à ce que le support initial soit parfaitement neutre. Son travail s’organise dès lors par séries, prenant pour objet un élément du vocabulaire pictural. Constitué de 6 panneaux carrés, eux-mêmes divisés en 4, aléatoirement blancs ou noirs, 6 répartitions aléatoires de 4 carrés noirs et blancs d’après les chiffres pairs et impairs du nombre Pi présente des possibilités de combinaisons à la fois simples et multiples engendrant comme un mouvement dans la mémoire visuelle. Les trames superposées des années 1960 et 1970 donneront à voir les conditions mêmes de la vue. Elles rendront perceptible la constitution de l’œil humain et notamment sa fovéa, zone de netteté limitée qui, en se déplaçant sur la toile, engendre comme un effet de scintillement, une éclosion incessante de petits ronds, là où seules des droites s’entrecoupent.