Le laboratoire de Gabriel Tarde: Des manuscrits et une bibliothèque pour les sciences sociales PDF

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Gabriel Tarde (1843-1904) est l’un de ces pionniers des sciences sociales qui proposa une nouvelle analyse de la société de la Belle Époque. En une dizaine d’ouvrages, Tarde formule et systématise une sociologie de la circulation où l’imitation se distingue comme le lien social par excellence et où le tout diffère de la somme de ses parties.
La publication conjointe des inventaires des manuscrits de Gabriel Tarde, conservés à Sciences Po (Paris), et de sa bibliothèque, conservée à l’École nationale d’Administration pénitentiaire (Agen), appelle à un retour aux sources primaires de sa pensée, tout en opérant une réunification du laboratoire où Tarde travaillait à son œuvre.
L’introduction de Louise Salmon retrace l’histoire du fonds Tarde depuis le manoir familial de La Roque Gageac jusqu’aux lieux où ils sont aujourd’hui accessibles à tous les chercheurs. Elle propose une relecture des manières de faire d’un intellectuel au travers de ses multiples pratiques de lecture et d’écriture : journal intime, saynètes, poèmes, notes de lecture, manuscrits de travail, cours, articles, ouvrages et correspondance.
Plus qu’un simple instrument de recherche, cet ouvrage révèle les multiples possibles d’une vie et d’une œuvre en train de se faire.

Son œuvre est aujourd’hui redécouverte et fait l’objet d’une réédition complète dans la collection  Les empêcheurs de penser en rond  sous la direction d’Éric Alliez. Gabriel Tarde naît le 12 mars 1843, dans une famille de juristes. Parallèlement à cette carrière de magistrat, Tarde entre en relation avec l’école criminaliste de Cesare Lombroso, mais très tôt il devient l’un des plus farouches adversaires de ce groupe. Il rejette en effet la théorie de l’origine physique de la criminalité, lui préférant l’aspect sociologique et psychologique. Cette polémique n’est cependant pas ce qui le rend célèbre : c’est la parution de ses Lois de l’imitation en 1890 qui le fait connaître des milieux intellectuels. Il participe alors à la Revue philosophique de France et de l’étranger de Théodule Ribot, ainsi qu’à la Revue internationale de sociologie de René Worms. Gabriel Tarde fait paraitre de nombreux ouvrages, et ne se limite pas aux textes sociologiques et philosophiques.

Il reste par ailleurs discret sur le plan politique, notamment au moment de l’affaire Dreyfus. Sur le plan disciplinaire, la pensée sociologique de Tarde a été largement éclipsée au profit de celle de l’école durkheimienne. Son influence reste toutefois prégnante chez de nombreux auteurs et au sein de nombreux courants de la sociologie. D’autres penseurs, tels Peter Sloterdijk et Bruno Karsenti, revendiquent l’héritage de Tarde. En 2005, dans Changer de société. 1903, sa santé déjà si fragile se dégrade et Gabriel Tarde meurt à Paris le 12 mai 1904, remplacé par Henri Bergson à la chaire de philosophie moderne du Collège de France où il professait depuis 1900. L’histoire de la philosophie nous apprend à distinguer deux genres de penseurs.