Les Belles Années du « milieu » 1940-1944 : Le Grand Banditisme dans la machine répressive allemande en France PDF

Si ce bandeau les Belles Années du « milieu » 1940-1944 : Le Grand Banditisme dans la machine répressive allemande en France PDF’est plus pertinent, retirez-le. Photographie d’identité judiciaire d’Henri Chamberlin, dit Henri Lafont, en mai 1944. Pourquoi ne pas travailler avec nous ? Henri Louis Chamberlin grandit dans un milieu populaire, son père étant ouvrier clicheur et sa mère journalière.


Son père décède en 1913 et sa mère l’abandonne le jour même de l’enterrement. Il est rapidement arrêté et passe devant le tribunal pour enfants qui le condamne à la maison de correction jusqu’à sa majorité. Rendu à la vie civile, il se met en ménage avec une jeune femme qui deviendra sa femme plus tard. Il voyage à travers la France, de Chambéry au Havre en passant par Marseille. Marseille, il achète une camionnette d’occasion et se fait transporteur.

Puis il se fixe à Saint-Jean-de-Maurienne où il trouve un autre emploi. Malheureusement pour lui, pour rejoindre un autre homme, sa femme vole 2 000 francs dans la caisse du magasin qui l’emploie, provoquant ainsi son arrestation. Au début de 1940, Chamberlin s’appelle Lafont, il est gérant d’un garage Simca à la Porte des Lilas où il noue quelques contacts avec des policiers. En mars, il réussit à devenir gérant du mess de l’Amicale de la préfecture de police.

Dans le camp, il y a de tout, y compris des Allemands internés à la déclaration de guerre. Il se lie avec deux d’entre eux, ainsi qu’avec un Suisse, Max Stocklin. Ils aident Lafont à s’évader du camp. Ces trois personnes font partie de l’Abwehr et, comme elles sympathisent avec Lafont, elles lui proposent de venir avec elles à Paris. Nos services viennent d’arriver à l’Hôtel Lutetia. Au début, cette histoire d’Allemands ne me plaisait guère. Si les gars d’en face, les résistants, m’avaient proposé quelque chose, je l’aurais fait.

Il n’y a pas de doute. Et je n’aurais pas fait de cadeaux aux fritz ! Seulement voilà, à l’époque, des résistants, j’en ai pas connu, j’en ai pas vu la couleur. Je ne savais même pas ce que c’était. C’est à cela que tient le destin d’un homme : un petit hasard, une histoire d’aiguillage. Il achète toutes sortes de produits, des vêtements aux meubles en passant par les denrées alimentaires. Les affaires marchent si fort qu’il ouvre un second magasin rue Cadet et un troisième rue du Faubourg-Saint-Antoine.

Les affaires marchent bien, mais les locaux deviennent exigus. Il déménage deux fois pour finalement s’installer au 93 rue Lauriston. Lafont décide de s’entourer d’hommes de confiance, prêts à tout. En août 1940, en compagnie de Radecke, il va à la prison de Fresnes muni d’un laissez-passer.

Il choisit vingt-sept hommes :  T’es libre ! Les petits chefs de la collaboration font des discours, moi j’agis. Mais Brandl et Radecke ont un chef, le colonel Reile, dit  Rudolph . Lui n’apprécie pas que l’on donne tant d’importance à un repris de justice. Fresnes, il ordonne au capitaine Schaeffer d’arrêter Lafont. Radecke prévient Lafont et lui propose de retrouver l’un des chefs de la résistance antinazie, le Belge Lambrecht recherché par l’Abwehr,  s’il le capture tout sera pardonné !

Après quelques nuits de beuveries dans les bars de la ville, un policier lui indique que Lambrecht est à Toulouse et lui donne même l’adresse. Retour à Paris pour prévenir ses supérieurs allemands et avoir carte blanche. Tout le monde est à vendre, il suffit de savoir acheter. Sa bande se compose d’une centaine de permanents sur lesquels il règne en maître. Il instaure un système d’amendes pour ceux qui feraient des écarts aux règles édictées, pouvant aller jusqu’à la peine de mort. Il n’y a pas que des gangsters et autres malfrats, mais aussi des policiers, dont le plus connu, l’ancien  premier policier de France  Pierre Bonny, devient le second de Lafont.

Vers la fin de l’année 1940, Hermann Brandl demande à Lafont de faire passer un agent de liaison en Afrique du Nord pour y installer un émetteur clandestin en communication avec les services allemands. Les activités exercées prennent plusieurs directions dont, la lutte contre la Résistance avec, à l’actif de la bande Bonny-Lafont, de nombreux réseaux démantelés. Ces services excellent dans les interrogatoires : arrachage des ongles, limage des dents, nerf de bœuf, coup de poing, de pied, brûlure à la cigarette ou à la lampe à souder, mais aussi le supplice de la baignoire glacée, de l’électricité, etc. En 1942, la  carlingue  passe sous l’autorité de la Gestapo.