Monsieur Boris Vian, je vous fais une lettre… : La chanson du Déserteur PDF

It Shoots Monsieur Boris Vian, je vous fais une lettre… : La chanson du Déserteur PDF Than He Dreams, John F. L’antimilitarisme est une idéologie qui s’oppose au militarisme, dans ses dimensions hiérarchiques et autoritaires, mais aussi bellicistes et nationalistes. Pour ses partisans, la guerre est inhérente au capitalisme et au colonialisme.


On connaît tous le début de la chanson de Boris Vian, Le Déserteur Mais on ne connaît guère son histoire, celle d’un morceau de musique et de quelques paroles qui allaient diviser la France et bouleverser le destin de Boris Vian. Marc Dufaud a enquêté sur la création de cette chanson, l’une des plus connues au monde. Il nous raconte comment, en pleine guerre d’Algérie, Boris Vian forcera sa nature jusqu’à venir interpréter sur scène son brûlot pacifiste à travers un pays alors poujadiste. Hué, chahuté, cible d’attaques. Vian n’énonçait pas, il dénonçait. Au lance-flamme. Sourire narquois en coin. Marc Dufaud nous raconte Boris Vian, le jazz, Paris et la province d’alors, et, surtout, l’engagement d’une époque où la chanson était encore une arme de contestation massive

La Gran Enciclopèdia Catalana est plus précise :  Mouvement d’opposition à la domination de l’armée sur l’administration de l’État dans ses deux aspects : intérieur avec la militarisation de la société, et extérieur par une politique internationale agressive. Selon le Dictionnaire historique de la Suisse :  L’antimilitarisme s’oppose à la prépondérance des valeurs, des intérêts et des institutions militaires dans l’État et la société. Il n’implique pas a priori le refus de l’armée, à la différence du Pacifisme, dont il se rapproche cependant souvent. Pour l’Encyclopédie anarchiste :  Comme le mot l’indique, l’Antimilitarisme a pour objet de disqualifier le militarisme, d’en dénoncer les redoutables et douloureuses conséquences, de combattre l’esprit belliciste et de caserne, de flétrir et de déshonorer la guerre, d’abolir le régime des Armées. Pour Marc Ferro dans son Histoire de France :  Volontiers associé à l’anticléricalisme, l’antimilitarisme est, à l’origine, lié plus directement à l’évolution des régimes politiques.

Il apparaît à la chute de Napoléon lorsque l’ordre militaire est discrédité et que le soldat semble comme une survivance du passé, destinée à disparaître. Un antimilitarisme populaire fait son apparition et se développe, mais à part un secteur limité de pacifistes intégraux, il s’agit d’abord d’une lutte contre le militarisme, c’est-à-dire contre l’utilisation de l’armée au service du jeu international et colonial de la classe dirigeante et contre la structure quasi-féodale de la hiérarchie. La guerre de 1914-1918, ressentie par la majorité de la population comme une guerre pour la défense de la nation, et non pas comme une lutte entre deux impérialismes, a fortement affaibli l’antimilitarisme et cela d’autant que l’Entente est victorieuse. Ernest Girault, La Crosse en l’air, 1906.

Le rôle de l’armée dans la répression de la Commune de Paris et son utilisation répétée dans la répression des grèves ouvrières nourri un antimilitarisme ouvrier. Comme le précise Georges Sorel la même année dans Réflexions sur la violence :  Le syndicalisme se trouve engagé, en France, dans une propagande antimilitariste qui montre clairement l’immense distance qui le sépare du socialisme parlementaire sur cette question de l’État. L’affiche du Groupe des conscrits de la Fédération communiste anarchiste, octobre 1912. Il s’agit pour ces militants de miner la société capitaliste en cherchant à affaiblir et démoraliser sa principale institution défensive, l’armée.