Un monde évanoui PDF

Conduite par le professeur Philip Zimbardo, elle est connue aujourd’hui sous le nom d’expérience de Stanford. L’objectif consistait un monde évanoui PDF comprendre comment et pourquoi les situations arrivaient à se dégrader dans les prisons militaires. Trois cellules contenant chacune trois détenus avaient été aménagées dans le sous-sol du bâtiment de psychologie, où les gardiens, divisés en équipes de trois, devaient se relayer toutes les huit heures.


Dans les récits de Yu Hua, l’atmosphère est menaçante, lourde de pluies comme de crimes. Dans les récits de Yu Hua, il y a une force destructrice à l’œuvre, des meurtres, des suicides, des viols. La maladie et la folie sont au rendez-vous. Mais les lieux naturels sont magnifiques : la berge de saules pleureurs dans Erreur au bord de l’eau est d’un calme enchanteur, comme celle d’Un monde évanoui, où les pêchers exhibent leurs fleurs roses. Les deux récits publiés ici se lisent comme des polars. Dans le premier, l’inspecteur Ma Zhe tente de résoudre trois meurtres. Un fou qui ricane bêtement sème la terreur. Mais il y a encore la fille à la barrette rouge, le jeune homme suicidaire. Dans le second récit, sous une pluie qui ne cesse même pas dans les rêves, des personnages sans nom vivent dans un monde peuplé d’hallucinations, de fantômes, des prédictions d’un vieux devin, de rêves prémonitoires. Depuis Vivre ! adapté au cinéma par Zhang Yimou et primé au festival de Cannes en 1994, Yu Hua s’inscrit résolument dans modernité littéraire chinoise

Les chercheurs leur avaient déniché des uniformes kaki dans un surplus de l’armée, ainsi que des lunettes de soleil à verres réfléchissants, destinées à éviter le contact visuel avec les étudiants-prisonniers. Chaque étudiant avait donc subi l’arrestation, la prise des empreintes digitales et des fameuses photos de face et de profil, avant d’être conduit  en prison . Pourtant, il ne se passa rien de spécial la première journée. Ils se sentaient gauches dans leurs uniformes. On est au matin du deuxième jour et tout va basculer.

Au moment de la relève, les prisonniers retirent le bas qu’ils avaient sur la tête, arrachent leur numéro et se barricadent dans leurs cellules en mettant leurs matelas contre la porte. Les trois gardiens du matin appellent en renfort les trois gardiens de l’après-midi, qui viennent, tandis que les trois gardiens de nuit restent. Tullius Détritus, le méchant de l’album d’Astérix La Zizanie paru juste un an avant l’expérience de Stanford, n’aurait pas renié la stratégie adoptée par les gardes. Ceux-ci vont diviser les prisonniers en deux camps, les  bons , choyés, bien nourris, et les  mauvais , brimés, afin de créer des clans et de briser leur solidarité. Puis, ils vont mélanger de nouveau les détenus afin que les  privilégiés  passent pour des informateurs. Mais cela ne va pas s’arrêter là.

Quand on leur demande s’ils sont prêts à quitter la prison en renonçant à leur  salaire  de cobayes, la plupart disent oui, inconscients qu’il leur suffirait de demander à mettre fin à l’expérience pour que celle-ci s’arrête ! L’expérience de Stanford a montré d’une manière spectaculaire et brutale que l’on pouvait en quelques jours transformer de jeunes hommes équilibrés et en bonne santé en loques ou en gardiens zélés, ouvertement sadiques pour certains. Cette expérimentation s’arrêta le 20 août 1971, au bout de seulement six jours sur les deux semaines prévues à l’origine. Sur son site, Philip Zimbardo explique qu’il y a eu deux causes à cette fin prématurée. Mais c’est sans doute grâce à Christina Maslach, la future Madame Zimbardo, que le calvaire des prisonniers et la dérive de leurs geôliers se sont achevés. Christina Maslach venait de soutenir sa thèse de doctorat et s’en fut visiter  l’expérience  un soir.

Elle vit les détenus enchaînés, un sac en papier sur la tête, se faire hurler dessus par les gardes. Les larmes lui vinrent aux yeux, elle ne put supporter le spectacle et sortit du bâtiment, poursuivie par son petit ami. Lorsque le scandale des tortures pratiquées par des militaires américains dans la prison irakienne d’Abou Ghraïb a éclaté en 2004, tous ceux qui avaient participé à l’expérience de Stanford se sont rappelé ce qu’ils avaient vécu, un été de 1971, sur le campus de l’université. L’étude avait à l’époque reçu l’aval du Comité sur la recherche sur des sujets humains. Surjouer des châtiments corporels et des humiliations, bien sur.