Une rupture : 1934 PDF

L’objectif est d’influer sur l’orientation et la puissance d’un courant d’idées au sein de l’organisation ciblée pour parvenir à infléchir la stratégie de l’ensemble de l’organisation. Le recours à l’entrisme est envisagé lorsque le mouvement trotskyste se sent trop faible et trop peu influent face aux soubresauts de l’histoire ou, au contraire, face à l’apathie des masses ouvrières qui une rupture : 1934 PDF tournent plutôt du côté des partis communistes nationaux ou des partis sociaux-démocrates.


Pour les trotskystes, la seule voie pour donner une efficacité concrète à leurs idées reste alors de chercher à influer sur des mouvements moins radicaux mais avec un rôle réel dans la vie politique. Il a donc été recouru à l’entrisme pendant des périodes relativement courtes avant que le mouvement ne change une nouvelle fois de stratégie. De plus, son opportunité a prêté à débat au sein du mouvement, provoquant parfois des affrontements, voire des scissions. La genèse de l’entrisme est à chercher dans le contexte de l’entre-deux-guerres, marqué par la montée du fascisme d’un côté, le stalinisme de l’autre.

L’époque est déroutante y compris pour le mouvement trotskyste. Le 3 août 1934, Raymond Molinier, leader de la Ligue communiste, signe lui aussi un texte intitulé  Unité organique? Cette année est en effet marquée par l’émergence de courants mettant en danger la social-démocratie. Les Bolcheviques-léninistes se considèrent comme une fraction de l’Internationale qui se bâtit.

C’est ainsi qu’au cours de l’année 1934, l’entrisme  à drapeau déployé  – des partisans issus d’une organisation X se regroupent en  tendance ,  courant  et tentent d’infléchir les orientations de la SFIO – se développe. Les années 1950 correspondent à une vague d’entrisme clandestin au sein des PC nationaux. L’époque correspond à une cristallisation de la guerre froide. Les trotskystes se sentent plus que jamais impuissants dans le jeu politique mondial. Il en déduit que le seul moyen pour les trotskystes d’influer réellement sur la vie politique et de tester l’efficacité de leurs théories est de se confronter aux travailleurs et aux partis qui les représentent. Il s’agit à l’époque des puissants partis communistes des pays occidentaux.

Il cite enfin les organisations visées. Cette clandestinité répond au monolithisme aligné sur Moscou des PC de l’époque, mais aussi anticipe sur les ruptures radicales qui ne pourront manquer de se produire d’après les trotskystes. Elle provoque cependant de nombreux antagonismes et sera l’une des causes du plus grave déchirement qu’ait connu la IVe Internationale depuis sa création. En effet, dès l’énoncé de ses thèses, Michel Pablo est critiqué. De nombreuses personnalités du trotskisme telles que Félix Guattari, Denis Berger, Gabriel Cohn-Bendit, Lucien Sebag se montrent critiques vis-à-vis de cette pratique. Paradoxalement, c’est ce mouvement opposé à l’entrisme qui utilisera ces méthodes au cours des deux décennies suivantes.